Pendant longtemps, j’ai cru qu’il existait des livres pour « les gens intelligents » et des livres pour « les autres ». C’est via ma condition de naissance que j’ai pensé faire partie « des autres ». Non pas que « les autres » eus été bêtes, non pas que j’eut été bête, seulement certaines possibilités ne nous étaient pas destinés. C’est une idée que l’on apprend jeune et que l’on garde parfois trop longtemps auprès de soi.
Trop impressionné, que j’étais par le monde universitaire, comme beaucoup, je m’attelais alors, à ce que je croyais être « la vie des autres ». Me gardant seule à l’écart de ce que je pouvais atteindre, à l’écart les livres « des gens intelligents ».
J’entamais ma randonnée sur le chemin de l’ennui.
Il ne me fallut que peu de pas pour comprendre qu’il ne me mènerait pas où je voulais, sans même avoir une véritable idée de la destination qui m’appelait.
Car comme tous•tes, j’ai capacité à la réflexion. Et lorsque cette dernière n’est pas alimentée correctement, elle ne s’arrête pas pour autant. Si elle se retrouve contrainte par un manque de vécu, de savoir ou par une faible estime d’elle-même, il y a peu de chance pour qu’elle sorte des boucles dans lesquelles elle a facilité à se perdre.
Ce blog est pour moi un rempart qui me permet d’éviter de retomber dans les travers d’une réflexion poussée par des croyances qui m’enlisent parfois et m’ont empêché de lire des livres pour « gens intelligents » pendant longtemps.
Je ne crois plus à la méritocratie, je ne crois pas à l’avenir radieux par l’ultra technologie, ni même aux appartenances qui dénigrent, à LA solution miracle ou à l’individu comme seul responsable ou sauveur de lui-même.
Je crois en revanche à la connaissance avec un petit « c ». Celle qui nous laisse à penser, qui nous donne matière à créer, nous offre de nouvelles lunettes et nous propose davantage de s’arrêter pour danser plutôt que d’avancer pour… avancer.
Cette connaissance peut être vécue, ressentie, entendue et peut être lue. Elle est ce par quoi nos normes irrationnelles et pourtant bien réelles s’effondrent. Elle est belle, bordélique, émotive et rationnelle, difficile et légère à la fois. Si elle alimente notre réflexion, elle alimente aussi nos théories et par ricocher nos pratiques/nos actions.
Vous l’aurez compris, ici, je me concentre sur la connaissance qui peut être lue. Témoignages, essaies, textes engagés, enquêtes, mémoires, récits philosophiques et bien d’autres… Ces textes ne peuvent se soustraire aux vies, ne peuvent les remplacer, ne peuvent être l’unique point sur lequel s’appuyer pour agir – car toute personne vivante est un berceau de connaissances, pour autant trop peu nombreux sont ceux qui peuvent poser sur un papier ce que leur corps et leur vécu renferment.
Les textes sont tout de même une source extraordinaire de connaissance – tous les textes ne sont pas bons à prendre, mais nombreux, sont ceux qui nous appels à accepter la complexe relation entre émotions et raison – une relation qui devrait être à l’origine de nos modèles et qui pourrait être l’origine de nos guérisons.
J’espère que vous trouverez dans ce blog quelque chose qui vous plaît.
claire.
Note importante : ce blog reste intégralement un point de vue. La façon dont je ressens ce que je lis est entièrement dépendante de mes connaissances antérieures, de mon vécu et de la façon dont j’arrive à réemployer mes valeurs pour comprendre ce que je lis. Ainsi, les synthèses/fiches de lecture et mes autres textes doivent être questionnés.
« Quand notre expérience vécue de la théorisation est fondamentalement liée à des processus d’autoguérison, de libération collective, il n’existe simplement pas de fossé entre la théorie et la pratique. […]
La théorie n’est pas intrinsèquement guérisseuse, libératrice, ou révolutionnaire. Elle remplit cette fonction uniquement quand c’est ce que nous lui demandons, que nous dirigeons notre théorisation vers cet objectif. »
Apprendre à transgresser – bell hooks / La théorie comme pratique libératrice.
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